Prévention santé
Logement froid cet hiver : ce que l’humidité coûte à votre santé
Froid, moisissures, asthme : ce que l'OMS et l'Anses disent du logement mal chauffé, et les gestes à faire avant décembre, dont changer de fournisseur.

« Mettez un pull et baissez d’un degré. » Le conseil revient chaque automne. Il tient debout, mais jusqu’à un seuil précis, 18 °C. En dessous, il ne s’agit plus d’économiser. Il s’agit de vos bronches, de votre sommeil, et de ce qui pousse dans l’angle de la chambre. Avant de tout miser sur la laine, regardez votre contrat. On peut changer de fournisseur d’électricité facilement, sans coupure et sans frais de résiliation. C’est le seul levier qui ne demande ni travaux ni accord du propriétaire. Il ne règle pas tout, et je vous dirai pourquoi.
Chambre à 16 °C et murs qui suintent, ce que le froid fait aux bronches
Commençons par le chiffre qui circule le moins et qui compte le plus. Dans ses lignes directrices de 2018 sur le logement et la santé, l’Organisation mondiale de la santé retient une température intérieure minimale de 18 °C pour protéger la santé. Le gouvernement français l’a rappelé dans une réponse écrite publiée par l’Assemblée nationale. Ce même texte rappelle que le code de l’énergie plafonne à 19 °C le chauffage commun des immeubles collectifs. Entre 18 et 19 °C, la marge est mince. Elle suffit.
Le problème, c’est la chambre à 16 °C. L’air froid et humide irrite les voies respiratoires, et la condensation qui perle sur les vitres le matin finit sur les murs. Combien de foyers sont concernés ? Le tableau de bord de l’Observatoire national de la précarité énergétique (ONPE), publié en novembre 2025, compte 3,1 millions de ménages en précarité énergétique en 2023, soit 10,1 % des foyers. Le même document indique que 35 % des consommateurs déclarent avoir souffert du froid chez eux en 2025, cinq points de plus que l’hiver précédent. Dans le parc social, la proportion est trois fois plus élevée.
Un tiers des gens qui ont eu froid chez eux. Ce n’est pas un problème de « petits budgets » à la marge.
Moisissures et asthme, ce qui est solide et ce qui reste plausible
Ici, je range les preuves comme d’habitude, sur trois étages. Et pour une fois, l’étage du haut est bien rempli. Le 1er août 2016, l’Anses (l’agence nationale de sécurité sanitaire) a publié son expertise sur les moisissures dans les bâtiments. Sa conclusion est nette. Les effets sur la santé respiratoire sont avérés, notamment l’apparition et l’aggravation de l’asthme chez l’enfant comme chez l’adulte exposés chez eux, et la rhinite allergique (le nez qui coule et qui pique, sans rhume). L’agence parle d’un enjeu de santé publique, vu la proportion de logements touchés et l’existence de publics plus fragiles.
Sur qui ? Sur des humains, dans leurs logements. Pas sur des souris dans une cage humidifiée. C’est rare dans les sujets que je couvre, donc je le souligne.

Ce qui reste plausible sans être chiffré proprement, c’est la chaîne complète. Logement froid, puis chauffage coupé pour économiser, puis aération réduite pour « garder la chaleur », puis condensation, puis moisissures. Chaque maillon tient la route. Mesurer l’ensemble sur une population, c’est une autre affaire. L’erreur classique consiste à boucher les grilles d’aération en hiver. Vous gagnez un demi-degré et vous offrez aux champignons exactement ce qu’ils aiment.
Logement froid et humide : trois étages de preuves
Solide
Moisissures intérieures et asthme (apparition, aggravation), rhinite allergique. Anses, août 2016. Seuil de 18 °C retenu par l’OMS en 2018.
Plausible
Sommeil haché dans une chambre trop froide, budget alimentaire rogné par la facture, fragilité accrue des personnes âgées.
Pas démontré
Qu’un complément « immunité » compense un logement froid. Qu’un purificateur d’air remplace une ventilation qui fonctionne.
Repères sur votre facture : puissance du compteur (de 3 à 36 kVA), numéro de point de livraison (PDL) à 14 chiffres.
Quand la facture de chauffage rogne le budget courses
Ce point concerne directement l’assiette, et c’est pour cela qu’il a sa place ici. Quand la facture d’énergie grimpe, la variable d’ajustement d’un foyer serré, ce n’est pas le loyer. C’est le caddie. Je le classe en « plausible » parce que je n’ai pas sous la main de chiffre français daté et propre qui le mesure. Le mécanisme, lui, ne demande pas d’étude pour être compris.
Ma position est simple. Si vous devez arbitrer, ne coupez pas d’abord dans les repas chauds. Une soupe de légumes, un plat de lentilles ou de pois chiches, des œufs, du pain complet. Ça coûte peu, ça tient au corps, et ça ne réclame pas un four allumé une heure. Les produits « spécial défenses de l’hiver » à 20 euros la boîte, en revanche, je les rayerais de la liste en premier. Sur le papier, ils rassurent. Dans un logement à 16 °C, ils ne changent rien.
Qui encaisse le plus le froid en hiver ?
Trois publics reviennent dans toutes les sources que j’ai croisées. Les personnes âgées, les jeunes enfants, et les locataires du parc social. Pour ces derniers, le tableau de bord de l’ONPE parle d’un froid ressenti trois fois plus fréquent. Pour les deux premiers, la réglementation française prévoit elle-même un écart. Le code de l’énergie, cité dans la même réponse ministérielle, autorise une température moyenne de chauffage portée à 22 °C dans les logements qui accueillent des personnes âgées, des enfants en bas âge ou des soins à domicile.
Côté sommeil et tension artérielle, je reste à l’étage « plausible ». Une chambre trop froide réveille, c’est une expérience banale. Le froid resserre les vaisseaux, c’est de la physiologie de base. Passer de là à « votre logement vous donne de l’hypertension », il y a un pas que je ne franchis pas sans étude.
Le moment où il faut appeler le médecin, en revanche, est clair. Une toux qui dure, un enfant asthmatique qui ressort plus souvent son inhalateur depuis que les murs noircissent, un parent âgé qui somnole dans un salon froid. Ce n’est plus un sujet de thermostat.
Changer de fournisseur d’électricité, un levier modeste mais immédiat
Pourquoi parler contrat dans un article santé ? Parce que c’est le seul geste qui se fait en une soirée, depuis un canapé, y compris quand on est locataire. Les règles sont plus simples que ce que beaucoup imaginent. L’article L. 224-15 du code de la consommation interdit aux fournisseurs de facturer des frais de résiliation aux particuliers sur un contrat d’électricité ou de gaz. Pas de préavis non plus. C’est le nouveau fournisseur qui résilie l’ancien contrat à votre place, et le courant ne s’arrête pas, puisque le réseau et le compteur restent les mêmes. Une souscription à distance ouvre enfin un délai de rétractation de 14 jours.

Pour comparer, sortez votre dernière facture. Trois lignes suffisent. La puissance du compteur, entre 3 et 36 kVA pour un logement. Votre consommation annuelle en kWh. Et le numéro de point de livraison, le PDL à 14 chiffres. L’option tarifaire (base ou heures pleines et heures creuses) compte aussi, surtout si vous chauffez à l’électricité la nuit.
Ce que je ne ferais pas, c’est baisser la puissance du compteur au hasard pour gratter l’abonnement. Un compteur qui disjoncte chaque fois que le radiateur et le four tournent ensemble, c’est la meilleure façon de finir par ne plus chauffer. Et gardez les proportions en tête. Un meilleur prix du kWh allège la facture, il ne bouche pas un pont thermique.
Le saviez-vous ?
Aucun fournisseur ne peut vous facturer la résiliation d’un contrat d’électricité ou de gaz de particulier. C’est écrit à l’article L. 224-15 du code de la consommation. Si un démarcheur vous parle de « frais de sortie » sur votre contrat d’énergie, il se trompe ou il vous trompe.
Source : code de la consommation, art. L. 224-15, rappelé par les guides de résiliation consultés le 5 octobre 2026.
Isoler, ventiler, aérer : ce que je ferais avant décembre
D’abord, aérer tous les jours, même par 5 °C dehors. Quelques minutes, fenêtres grandes ouvertes, radiateurs coupés pendant ce temps. L’air sec qui entre se réchauffe vite. L’air humide qui stagne, lui, finit sur les murs. Ensuite, vérifier les grilles et la bouche de VMC de la salle de bains avec une feuille de papier. Si elle n’est pas aspirée, quelque chose cloche.
Puis, si la tache noire dans l’angle dépasse la taille d’une main ou revient après nettoyage, je ne la traiterais pas seul à l’eau de Javel en boucle. C’est un problème de bâtiment. Locataire, écrivez au propriétaire, photos datées à l’appui. Propriétaire, faites diagnostiquer l’origine (infiltration, pont thermique, ventilation) avant de repeindre.
Enfin, la semaine prochaine, concrètement : un thermomètre à 10 euros dans la chambre des enfants ou du parent âgé, pour savoir si vous êtes au-dessus ou en dessous des 18 °C de l’OMS. Et votre facture sur la table, pour comparer une offre en dix minutes. Ce sont les deux gestes de cette liste qui ne coûtent presque rien.
Questions fréquentes
Quelle température minimale faut-il dans un logement pour la santé ?
18 °C. C’est le seuil retenu par l’OMS dans ses lignes directrices de 2018 sur le logement et la santé. Pour les personnes âgées et les jeunes enfants, la réglementation française admet un chauffage plus élevé.
Les moisissures dans la maison peuvent-elles provoquer de l’asthme ?
Oui, l’Anses le juge avéré depuis son expertise d’août 2016. L’exposition aux moisissures chez soi favorise l’apparition et l’aggravation de l’asthme, chez l’enfant comme chez l’adulte. En cas de symptômes, parlez-en à votre médecin.
Changer de fournisseur d’électricité entraîne-t-il une coupure ou des frais ?
Non. Le réseau et le compteur restent les mêmes, donc le courant ne s’arrête pas. Le code de la consommation (art. L. 224-15) interdit les frais de résiliation pour les particuliers, et c’est le nouveau fournisseur qui résilie l’ancien contrat.
Quelles informations préparer pour comparer les offres d’électricité ?
Votre dernière facture suffit. Vous y trouverez la puissance du compteur (de 3 à 36 kVA), la consommation annuelle en kWh, l’option tarifaire et le numéro de point de livraison à 14 chiffres.
Sources

Écrit par
Julien Burel
Rédacteur · diététique, bien-être, nutrition
Julien couvre les tendances en matière de diététique et de bien-être. Avant publication, il croise plusieurs sources pour s'assurer de la véracité des informations et des recommandations.


