Prévention santé
PFAS dans quels produits : la liste qui compte vraiment
PFAS dans les poêles, emballages, cosmétiques : où ils se cachent vraiment et les gestes qui réduisent l'exposition au quotidien.

Un t-shirt « déperlant », une poêle qui n’attache jamais, un emballage à burger qui ne laisse pas passer la graisse : tous peuvent cacher des PFAS. J’ai déjà fait le vrai du faux sur les PFAS dans les vêtements, prouvé contre pas prouvé. Reste la question qu’on me pose le plus souvent depuis : « oui mais à part les vêtements, c’est où, en vrai ? »
Sur le papier, la réponse tient en une phrase : partout où on veut repousser l’eau, la graisse ou la saleté. Dans votre assiette, ça change beaucoup selon le produit. Autant savoir où chercher en priorité plutôt que de paniquer sur tout le placard.
PFAS, c’est quoi exactement, en une phrase claire
Les PFAS sont une famille de plusieurs milliers de molécules chimiques, fabriquées pour résister à l’eau, à la graisse et à la chaleur. Elles ne se dégradent presque pas dans l’environnement, d’où leur surnom de « polluants éternels ». Ce n’est pas une substance unique, c’est une famille, et toutes ne se comportent pas pareil une fois ingérées ou inhalées.
Sur qui, combien, quoi mesuré : c’est la question à se poser avant de céder à un titre alarmiste. Pour une partie de ces molécules, des études humaines montrent une accumulation dans le sang. Pour d’autres, on reste au stade des cellules en boîte. Ça ne veut pas dire « sans danger », ça veut dire qu’il faut nuancer selon la molécule et le produit.
Textiles et vêtements : ce qu’on sait déjà
Je ne reviens pas sur le détail, il est dans l’article sur les vêtements. Résumé en deux lignes : les traitements déperlants et imperméabilisants en contiennent souvent, surtout sur les vestes outdoor et les tissus techniques. Le contact cutané simple n’est pas la voie d’exposition la plus documentée ; l’ingestion et l’eau contaminée pèsent davantage.
Cuisine : poêles, emballages alimentaires, bouteilles
C’est là que le sujet devient concret pour tout le monde, tous les jours. Les poêles antiadhésives au PTFE (le fameux téflon) en contiennent par nature dans leur fabrication, même si le revêtement cuit n’est pas censé en relâcher tant qu’il n’est pas rayé ou surchauffé à vide. L’erreur classique : laisser une poêle vide sur le feu pendant qu’on répond au téléphone. Au-delà de 260°C, le revêtement commence à se dégrader.
Les emballages alimentaires sont un terrain plus glissant. Papiers sulfurisés, boîtes à pizza, sachets de popcorn micro-ondable : une partie de ces emballages est traitée pour repousser la graisse, donc potentiellement chargée en PFAS. Un lien utile ici : la façon dont vous conservez vos aliments sainement compte autant que ce que vous achetez. Préférer le verre ou l’inox au contact direct, plutôt que le papier gras ou le plastique chauffé, limite l’exposition sans rien sacrifier au goût.
Pour l’eau, j’ai déjà traité la question des bouteilles d’eau : certaines nappes phréatiques et eaux de surface en France sont contaminées par des rejets industriels, et ça remonte jusqu’au robinet dans certaines zones. Un filtre à charbon actif réduit une partie des PFAS présents, pas la totalité.
PFAS : où chercher en priorité
Textiles
vestes déperlantes, tissus imperméabilisants
Cuisine
poêles antiadhésives, papiers gras, boîtes à pizza
Du quotidien, invisible
cosmétiques « longue tenue », fil dentaire, mousse anti-incendie
Catégories les plus documentées à ce jour ; l’exposition réelle dépend du produit précis, pas de la famille entière.
Les produits où on n’y pense jamais
Trois catégories qui échappent au radar du grand public. Le maquillage et les cosmétiques « longue tenue » (mascaras, fonds de teint résistants à l’eau) utilisent parfois des PFAS pour la tenue. Le fil dentaire enduit, pour glisser plus facilement entre les dents. Et la mousse anti-incendie utilisée dans certains entraînements de pompiers ou aéroports, qui a contaminé des nappes entières autour de certaines bases, en France comme ailleurs.

Le point commun entre ces trois-là ? On ne les soupçonne jamais, parce qu’ils n’ont pas l’étiquette « imperméable » qui met en garde. C’est justement là que ça se joue.
Ce que dit la réglementation en France et en Europe
L’Union européenne a lancé une proposition de restriction large sur les PFAS, portée par cinq pays dont la France, mais le texte complet n’est pas encore en vigueur pour l’ensemble de la famille chimique. La France a voté en 2025 une loi interdisant les PFAS dans certains produits (textiles, cosmétiques, fart de ski) à partir d’échéances étalées, avec une exception maintenue pour certains équipements professionnels. Avant d’acheter sur la foi d’un « sans PFAS » affiché, vérifiez que ça vient d’un étiquetage réel et pas d’un argument marketing flou : la mention n’est pas encore obligatoire partout.
Les gestes qui réduisent vraiment l’exposition
Je ne vais pas vous dire de jeter votre poêle antiadhésive du jour au lendemain, ce serait disproportionné. Mais trois gestes pèsent plus que les autres : ne jamais surchauffer une poêle à vide, éviter le contact prolongé entre aliment chaud et papier gras ou carton traité, et filtrer l’eau du robinet si vous êtes dans une zone identifiée comme contaminée (les arrêtés préfectoraux le signalent).
Le reste, les petites gélules « détox PFAS » et les filtres miracles à 200 euros, c’est de la paperasse marketing qui surfe sur l’inquiétude. Sur le papier, c’est séduisant. Dans votre cuisine, ce qui marche reste banal : une poêle qu’on ne surchauffe pas, un emballage qu’on évite de chauffer, une eau qu’on filtre si besoin. Rien de spectaculaire, mais c’est ce qui tient debout.
Les PFAS sont-ils interdits dans tous les emballages alimentaires en France ?
Non, pas encore pour l’ensemble de la famille. La loi française de 2025 vise certaines catégories précises, avec des échéances d’application étalées dans le temps, pas une interdiction générale immédiate.
Une poêle antiadhésive rayée est-elle dangereuse ?
Elle perd surtout son efficacité. Le risque réel vient de la surchauffe à vide, pas de la rayure elle-même, à condition de la changer dès qu’elle s’écaille franchement.

Écrit par
Julien Burel
Rédacteur · diététique, bien-être, nutrition
Julien couvre les tendances en matière de diététique et de bien-être. Avant publication, il croise plusieurs sources pour s'assurer de la véracité des informations et des recommandations.


